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30.10.2026

Géorgie : un budget 2027 avec une dette à 31,6 % du PIB et un milliard d'investissements en plus

Déficit limité à 2,5 %, recettes fiscales en hausse, 8,4 milliards de lari d'investissements publics : la Géorgie grandit sans s'endetter

Adrien Boucher
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Adrien Boucher
Le projet de budget 2027 de la Géorgie prévoit une dette publique de 31,6 % du PIB, un déficit de 2,5 % et plus de 8,4 milliards de lari d'investissements publics, sans hausse d'impôt. Ce que ce budget dit de la trajectoire du pays, et pourquoi il compte pour un investisseur.
Adrien Boucher
Panorama de Tbilissi depuis la forteresse de Narikala
Tbilissi, vue depuis la forteresse de Narikala. Le budget 2027 de la Géorgie prévoit une dette publique limitée à 31,6 % du PIB. Photo : Adam Jones, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons

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Un budget qui investit sans s'endetter

Pendant que la France débat de son budget 2027 dans un contexte de dette record, la Géorgie a présenté le sien au Parlement le 30 septembre. Les deux exercices n'ont pas grand-chose en commun.

Le projet du ministère des Finances géorgien prévoit une dette publique de 31,6 % du PIB et un déficit limité à 2,5 %. À titre de comparaison, la dette publique française dépasse 110 % du PIB. Le budget consolidé atteint 37,5 milliards de lari, en hausse de 1,5 milliard par rapport à 2026, et les recettes fiscales attendues progressent de 2,1 milliards, à 29,5 milliards de lari.

Autrement dit, l'État géorgien dépense davantage parce que l'économie produit davantage, et non parce qu'il emprunte davantage.

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Près d'un milliard de lari d'investissements en plus

Le cœur de ce budget, ce sont les investissements. Les dépenses d'équipement dépassent 8,4 milliards de lari, soit près d'un milliard de plus qu'en 2026. Plus de 2,7 milliards iront aux infrastructures municipales, jusqu'à 1,3 milliard aux routes, dont 723 millions pour les autoroutes, 432 millions à l'eau et à l'assainissement et 404 millions à l'énergie.

Plusieurs projets structurants sont également financés : 250 millions pour augmenter la capacité du réseau ferroviaire, 125 millions pour le port en eau profonde d'Anaklia, 125 millions pour moderniser le métro de Tbilissi et 60 millions pour la piste de l'aéroport de Kutaïssi.

Graphique des principaux investissements publics du budget géorgien 2027
Infrastructures, routes, rail, port : les principaux postes d'investissement du budget 2027.
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Des perspectives de croissance solides

Le budget repose sur une prévision de croissance de 5 % en 2027, puis de 5,2 à 5,3 % les années suivantes. C'est une hypothèse prudente au regard de l'année en cours, pour laquelle la Banque nationale anticipe désormais 7,2 %. Le PIB nominal devrait progresser de 8,9 % en 2027, et le PIB par habitant dépasser 12 000 dollars fin 2027, puis 15 000 dollars d'ici 2030. L'inflation est attendue en retour vers la cible de 3 % d'ici la fin de l'année prochaine.

Le budget prévoit aussi une hausse des dépenses sociales : 400 millions de lari supplémentaires pour l'éducation, 127 millions pour la santé, une revalorisation des retraites et une augmentation de 8,4 % des salaires de base dans la fonction publique. Aucune hausse d'impôt n'est annoncée.

Un train de la compagnie Georgian Railway en gare de Tbilissi
Rail, routes, port d'Anaklia : le budget 2027 accélère les investissements dans les infrastructures de transport. Photo : Superalbs, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

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Ce que cela change pour un investisseur

Pour un investisseur étranger, un budget n'est pas qu'une affaire de comptabilité publique. Il dit beaucoup de la trajectoire d'un pays.

Une dette faible signifie un État qui n'aura pas besoin, demain, d'augmenter brutalement les impôts pour boucler ses comptes. C'est précisément ce qui manque aujourd'hui à de nombreux pays européens, où chaque budget apporte son lot de nouvelles taxes sur l'épargne et le patrimoine. En Géorgie, le cadre fiscal reste stable : les loyers sont imposés à 5 %, sans impôt supplémentaire en France grâce à la convention fiscale, et la plus-value est exonérée après deux ans de détention.

Des investissements massifs dans les routes, le rail, les ports et les aéroports améliorent l'accessibilité du pays, soutiennent le tourisme et l'activité économique, et donc la demande locative. À Batumi, nous constatons un rendement locatif net de 8 à 12 % et une progression des prix de 15 à 20 % par an.

Le front de mer de Batumi vu depuis la mer Noire
Batumi profite directement des investissements publics dans les infrastructures et le tourisme. Photo : tjabeljan, CC BY 2.0, Wikimedia Commons

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Ce qu'il faut surveiller

Le projet de budget est désormais examiné en commission au Parlement géorgien et peut encore être ajusté. Son adoption définitive est attendue en décembre. Les prochaines données de croissance, attendues mi-novembre, diront si l'hypothèse de 5 % pour 2027 reste prudente.

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Conclusion

Une dette à 31,6 % du PIB, un déficit de 2,5 %, des recettes en hausse et près d'un milliard de lari d'investissements supplémentaires : le budget géorgien 2027 est celui d'un pays qui grandit sans s'endetter. Pour un investisseur qui cherche des cadres fiscaux stables hors de l'Union européenne, c'est un signal à ne pas négliger.

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