
Pendant que la France débat de son budget 2027 dans un contexte de dette record, la Géorgie a présenté le sien au Parlement le 30 septembre. Les deux exercices n'ont pas grand-chose en commun.
Le projet du ministère des Finances géorgien prévoit une dette publique de 31,6 % du PIB et un déficit limité à 2,5 %. À titre de comparaison, la dette publique française dépasse 110 % du PIB. Le budget consolidé atteint 37,5 milliards de lari, en hausse de 1,5 milliard par rapport à 2026, et les recettes fiscales attendues progressent de 2,1 milliards, à 29,5 milliards de lari.
Autrement dit, l'État géorgien dépense davantage parce que l'économie produit davantage, et non parce qu'il emprunte davantage.
Le cœur de ce budget, ce sont les investissements. Les dépenses d'équipement dépassent 8,4 milliards de lari, soit près d'un milliard de plus qu'en 2026. Plus de 2,7 milliards iront aux infrastructures municipales, jusqu'à 1,3 milliard aux routes, dont 723 millions pour les autoroutes, 432 millions à l'eau et à l'assainissement et 404 millions à l'énergie.
Plusieurs projets structurants sont également financés : 250 millions pour augmenter la capacité du réseau ferroviaire, 125 millions pour le port en eau profonde d'Anaklia, 125 millions pour moderniser le métro de Tbilissi et 60 millions pour la piste de l'aéroport de Kutaïssi.


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Le budget repose sur une prévision de croissance de 5 % en 2027, puis de 5,2 à 5,3 % les années suivantes. C'est une hypothèse prudente au regard de l'année en cours, pour laquelle la Banque nationale anticipe désormais 7,2 %. Le PIB nominal devrait progresser de 8,9 % en 2027, et le PIB par habitant dépasser 12 000 dollars fin 2027, puis 15 000 dollars d'ici 2030. L'inflation est attendue en retour vers la cible de 3 % d'ici la fin de l'année prochaine.
Le budget prévoit aussi une hausse des dépenses sociales : 400 millions de lari supplémentaires pour l'éducation, 127 millions pour la santé, une revalorisation des retraites et une augmentation de 8,4 % des salaires de base dans la fonction publique. Aucune hausse d'impôt n'est annoncée.

Pour un investisseur étranger, un budget n'est pas qu'une affaire de comptabilité publique. Il dit beaucoup de la trajectoire d'un pays.
Une dette faible signifie un État qui n'aura pas besoin, demain, d'augmenter brutalement les impôts pour boucler ses comptes. C'est précisément ce qui manque aujourd'hui à de nombreux pays européens, où chaque budget apporte son lot de nouvelles taxes sur l'épargne et le patrimoine. En Géorgie, le cadre fiscal reste stable : les loyers sont imposés à 5 %, sans impôt supplémentaire en France grâce à la convention fiscale, et la plus-value est exonérée après deux ans de détention.
Des investissements massifs dans les routes, le rail, les ports et les aéroports améliorent l'accessibilité du pays, soutiennent le tourisme et l'activité économique, et donc la demande locative. À Batumi, nous constatons un rendement locatif net de 8 à 12 % et une progression des prix de 15 à 20 % par an.

Le projet de budget est désormais examiné en commission au Parlement géorgien et peut encore être ajusté. Son adoption définitive est attendue en décembre. Les prochaines données de croissance, attendues mi-novembre, diront si l'hypothèse de 5 % pour 2027 reste prudente.
Une dette à 31,6 % du PIB, un déficit de 2,5 %, des recettes en hausse et près d'un milliard de lari d'investissements supplémentaires : le budget géorgien 2027 est celui d'un pays qui grandit sans s'endetter. Pour un investisseur qui cherche des cadres fiscaux stables hors de l'Union européenne, c'est un signal à ne pas négliger.
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