
L'île Maurice a désormais son golden visa. Annoncé dans le budget 2026-2027 présenté le 19 juin, il a été inscrit dans la loi de finances publiée au Journal officiel le 13 août. Le principe est simple : un étranger qui investit au moins un million de dollars dans l'économie mauricienne dans les douze mois suivant son arrivée obtient un titre de séjour de deux ans, renouvelable, avec à la clé un accès à la résidence permanente.
Ce visa ne s'adresse pas à n'importe quel investissement. Le gouvernement vise des secteurs précis : la fintech, l'intelligence artificielle, les biotechnologies, les énergies renouvelables et la gestion de trésorerie internationale. Et surtout, il ne s'agit pas d'une voie immobilière. Le texte précise que l'investissement doit porter sur une activité économique, et non sur l'achat d'un logement dans le cadre des programmes immobiliers ouverts aux étrangers.
Autrement dit, Maurice ne cherche pas des acheteurs de villas avec ce dispositif. Elle cherche des entrepreneurs et des capitaux pour diversifier son économie.
Le golden visa n'est qu'une partie de la réforme. Le même budget relève le niveau d'exigence pour les autres titres de séjour.
Le permis de travail et de résidence des investisseurs exige désormais un investissement initial de 100 000 dollars, contre une option à 50 000 dollars auparavant. Pour être renouvelé, il faut ensuite atteindre un chiffre d'affaires de 5 millions de roupies à partir de la troisième année, puis de 8 millions à partir de la cinquième. Les indépendants doivent eux aussi justifier de revenus croissants. Le permis familial, qui permettait de s'installer moyennant une contribution de 250 000 dollars à un fonds public, est supprimé.


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Côté impôt sur le revenu, le barème devient plus progressif à partir de l'année fiscale qui a commencé le 1er juillet. Les tranches à 0 %, 10 % et 20 % sont maintenues, mais les revenus annuels supérieurs à 12 millions de roupies sont désormais imposés à 35 %. Cette nouvelle tranche remplace l'ancien système, qui combinait un taux de 20 % et une contribution supplémentaire de 15 % sur les hauts revenus.
Pour la grande majorité des résidents, rien ne change. Pour les revenus les plus élevés, l'imposition reste du même ordre, mais elle est désormais intégrée au barème normal plutôt que présentée comme une contribution exceptionnelle.
Le volet immobilier illustre une autre réalité. La loi de finances 2025 avait doublé les droits d'enregistrement payés par les acheteurs étrangers, de 5 % à 10 %, à compter du 1er juillet 2026. Six semaines plus tard, la loi de finances 2026 a annulé cette hausse et rétabli le taux de 5 %. Entre-temps, les actes signés pendant cette courte fenêtre se retrouvent dans une situation incertaine.
Dans le même temps, l'accès des étrangers à certains appartements a été restreint : il n'est plus possible d'acheter dans les petits immeubles construits sur les terres de l'État ou en bord de mer, et un prélèvement de 10 % frappe désormais les vendeurs dans certains cas. Les programmes immobiliers dédiés aux étrangers restent en revanche ouverts.
L'île Maurice reste une destination de qualité, avec un cadre de vie exceptionnel et une vraie tradition d'accueil des investisseurs étrangers. Mais ce budget montre clairement son orientation : l'île monte en gamme et cible désormais des profils très fortunés ou des entrepreneurs prêts à investir massivement.
Il montre aussi une chose qu'un investisseur ne doit jamais négliger : la stabilité des règles. Des droits doublés puis rétablis en six semaines, des titres de séjour supprimés, des seuils relevés : pour qui prépare un projet sur plusieurs années, la visibilité compte autant que le niveau de l'impôt.
C'est un critère central dans notre sélection de pays. Aux Émirats arabes unis, par exemple, l'impôt sur le revenu des particuliers est de 0 % et l'accès à la propriété pour les étrangers est encadré de longue date dans des zones dédiées.
Plusieurs éléments restent à préciser. Les lignes directrices pratiques du golden visa, formulaires et frais compris, doivent encore être publiées. Le traitement des actes immobiliers signés entre le 1er juillet et le 12 août n'est pas tranché. Et certaines mesures, comme la nouvelle autorisation électronique de voyage, attendent toujours leur entrée en vigueur.
Avec son golden visa à un million de dollars, l'île Maurice ne cherche plus à attirer tout le monde. Elle choisit ses investisseurs. Pour ceux qui envisagent de s'y installer, le projet se prépare désormais avec plus de moyens et plus de précautions qu'il y a quelques années.
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